Bush, go home !
Amérique latine . Des milliers de manifestants s’opposent à la tournée officielle du président des États-Unis.
Que ce soit en espagnol ou en portugais, le message est sans équivoque : « Dehors Bush ! » Chaque escale de la tournée latino-américaine du président des États-Unis, qui a débuté jeudi par le Brésil suivi de l’Uruguay, la Colombie, le Guatemala et le Mexique, s’accompagne d’une répudiation en règle. Avant même son arrivée sur le sol du géant économique brésilien, quelque deux cents personnes ont canardé l’ambassade états-unienne de projectiles en tout genre. Le traditionnel défilé du 8 mars, à l’occasion de la Journée internationale des femmes, qui a réuni près de 30 000 personnes, a pris l’allure d’un rassemblement anti-Bush. Le Parti des travailleurs ainsi que le Mouvement des sans-terre, soutiens traditionnels du président brésilien, entendaient réunir hier, à Sao Paolo, quelque 50 000 personnes à l’heure où le président états-unien s’entretenait avec son homologue brésilien, Lula. Les deux hommes devaient s’entendre sur deux dossiers : la suppression des barrières douanières à l’exportation de produits agricoles en vue de débloquer les négociations houleuses sur cette question au sien de l’OMC d’une part, et d’autre part, le développement de la production d’éthanol, biocarburant alternatif au pétrole. D’une pierre deux coups pour Washington qui, aujourd’hui, en important près de 11 % de pétrole vénézuélien, se voit contraint de commercer avec le président Hugo Chavez, son adversaire politique et économique dans la région.
George Bush n’est pas au bout de ses peines. Alors qu’il devait rencontrer le chef l’État uruguayen, Tabaré Vasquez, en vue de parvenir à un éventuel traité de libre commerce, pourtant source de division au sein de sa coalition gouvernementale de gauche, un méga meeting « anti-impérialiste » était organisé hier soir sur l’autre rive du Rio de la Plata, à Buenos Aires, avec la présence de Hugo Chavez. Dans la journée d’hier, la coordination anti-impérialiste uruguayenne s’était aussi chargée de rappeler le sens de leur aversion pour le locataire de la Maison-Blanche. « Vous représentez le pire qui soit arrivé (au pays), à notre Amérique latine et au monde », citant pêle-mêle la guerre en Irak, le blocus contre Cuba et le rôle avéré de Washington dans l’instauration des dictatures militaires qui ont ensanglanté la région. Autant dire que les palabres de George Bush sur sa prétendue volonté de combattre la pauvreté font un flop.

Article tiré du journal .....................................................